Henri-Franck Beaupérin

titulaire des grandes orgues de l’abbaye de Sylvanès

Biographie

Après avoir été l’un des derniers disciples de Gaston Litaize, Henri-Franck Beaupérin a étudié auprès de Michel Chapuis, Olivier Latry, Michel Bouvard, Loïc Mallié et Jean-Claude Raynaud au conservatoire de Paris et complété sa formation auprès de Jean Boyer, Louis Robilliard, Thierry Escaich, Ton Koopman et Jean Guillou.

Lauréat des concours internationaux de Tokyo et Lahti, Prix d’Improvisation au concours Franz Liszt de Budapest, il reçoit en 1995, à l’unanimité du jury, le Grand Prix d’interprétation du premier Concours International de la Ville de Paris. En 2001, il est lauréat de la Fondation de France.

Concertiste et improvisateur invité des principaux festivals d’Europe, ainsi qu’au Canada et au Japon, il a créé des œuvres de compositeurs tels que Richard Dubugnon, Thierry Escaich, Jean Guillou, Guillaume Le Dréau, Jean-Baptiste Robin, Grégoire Rolland ou Antoine Tisné, et participé à des spectacles unissant l’orgue à des formations variées : spectacles chorégraphiques, ciné-concerts…

Nommé en 1998, sur concours, titulaire des grandes orgues de la cathédrale d’Angers, et organiste émérite depuis 2017, il mène une importante activité de développement musical dans cette région : création de l’Académie d’Improvisation à l’Orgue des Pays de la Loire, de la fédération Orgue en Pays de la Loire, du Concours International de Musique Ancienne en Val de Loire.

Organiste titulaire de l’abbaye de Sylvanès depuis 2018, il y est investi dans la programmation artistique du Festival et du Centre Culturel européen de Rencontre : concerts, créations, classes de maître, Rencontres de l’Orgue Aujourd’hui…

Il a publié la première intégrale de l’œuvre pour orgue de Raphaël Fumet et réalisé de nombreuses transcriptions dont “Prélude, Choral et Fugue” de César Franck ou “L’Anneau de Salomon” de Jean-Louis Florentz, qui ont fait l’objet de plusieurs enregistrements discographiques. Sa chaîne YouTube présente de nombreuses captations réalisées à Angers, à Sylvanès ou lors de concerts.

Vivement intéressé par la facture d’orgues et son devenir, il est le concepteur de “Gulliver”, orgue modulaire assisté par ordinateur. Cet instrument, véritable orgue à tuyaux transportable en tous lieux et accessible au plus proche du public, préfigure de nouvelles formes de concerts et une approche musicale novatrice.

Agenda

Le grand orgue de Sylvanès

« Un bon orgue doit vous saisir deux fois » aime à dire le facteur d’orgues Gerhard Grenzing : tout d’abord quand, le voyant pour la première fois, il vous emporte par la monumentalité de son buffet ; et ensuite encore lorsque, à l’audition, il vous ravit par la séduction de ses timbres. N’est-ce pas ce qu’éprouve tout visiteur confronté au grand orgue de Sylvanès ? Qui ne s’est senti terrassé, effrayé peut-être, en découvrant au fond de l’église cette colossale masse de bois et de métal dont les formes hiératiques répondent en contraste à l’architecture de la nef ? Et qui encore, l’entendant à l’occasion d’un office ou d’un concert, n’a pas eu le sentiment d’être là en présence d’un instrument différent des autres, immense certes, mais à la fois intime, convivial par sa proximité, et dont les sonorités, limpides ou rauques, sombres ou rayonnantes, ténues ou impérieuses, semblaient sortir imprévisiblement du haut, ou du bas, ou de la façade ou du fond de son buffet, comme un organe aux cent bouches, chacune différente, chacune expressive selon son tempérament ou son humeur ?

De fait, l’originalité de ce géant, le plus grand orgue neuf d’Occitanie avec ses quatre claviers et ses 4600 tuyaux, tient à ce qu’il est conçu comme l’assemblement de plusieurs orgues autonomes ayant chacun sa personnalité, et destinés à entrer en sympathie avec chaque autre. Comme l’écrit Daniel Birouste, son créateur, « l’acoustique de Sylvanès est suffisamment efficace pour que l’on puisse miser sur la diversité des sons qui sert la spatialité de l’instrument plutôt que sur l’empilage des jeux en plus ou moins fort. »

On sait qu’en cosmétique, on appelle orgue à parfums le meuble sur lequel sont échelonnés les flacons d’essences à partir desquelles le « nez », par de subtils alliages, va créer ses fragrances. L’orgue de Sylvanès, c’est exactement ça : un laboratoire où l’organiste-créateur va travailler les couleurs sonores pour donner aux œuvres jouées une résonance nouvelle, inouïe : ce que vous entendrez à l’orgue de Sylvanès, vous ne l’entendrez nulle part ailleurs !

L’orgue Gulliver

un orgue modulaire assisté par ordinateur

Jonathan Swift avait fait de son personnage Gulliver un aventurier qui, toujours trop grand ou trop petit dans les contrées qu’il traversait, réussissait par son habileté à s’y trouver finalement à son aise. Tel se présente également l’orgue mobile « Gulliver », instrument voyageur en quête de nouvelles formes de concerts et de spectacles, de nouveaux répertoires, de nouveaux publics.

L’utilisation de techniques innovantes a permis d’en dissocier les éléments et d’en réduire les dimensions afin de le rendre transportable, aisément disposable sur des scènes de configurations variées et en contact visuel et acoustique direct avec l’assistance.

Si le son provient bien des tuyaux d’un orgue authentique tel que nous l’ont légué des siècles d’artisanat d’art, leur souffle vivant gagne par cette nouvelle proximité une pureté et une franchise qui en renforcent la puissance émotive et permettront à l’orgue de dialoguer désormais plus familièrement avec d’autres ensembles musicaux, toutes barrières stylistiques rompues.

Les mécanismes internes, en revanche, ont cédé la place à une transmission informatisée. Le logiciel, compatible avec la norme MIDI, ouvre aux musiciens une fluidité et une variété dans l’emploi des timbres qui vont bien au-delà des usages auxquels les avaient habitués depuis des générations la pratique des instruments traditionnels de nos églises.

À l’auditeur qui découvre cet orgue à taille humaine, dont les vingt modules se présentent sur scène comme autant de personnages d’un dialogue théâtral, se dévoile, outre la console, tout une mécanique jusqu’alors inconnue, une multitude de tuyaux de bois ou de métal de toutes dimensions et formes, horizontaux ou verticaux...

La chorégraphie immobile du jeu de l’organiste et le dialogue des sonorités sur les différents claviers, la spatialisation scénique du son, tout ceci est bien de nature à susciter une nouvelle perception de l’orgue par le public – et peut-être aussi par les musiciens eux-mêmes.

Retrouvez l’orgue Gulliver en concert :

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L'Orgue Gulliver